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Double nationalité en Suisse — tout ce qu'il faut savoir

La Suisse autorise la double nationalité sans restrictions. Découvrez si votre pays d'origine le permet aussi, quels sont vos droits et obligations, et l'impact sur la naturalisation.

Publié le 2026-02-21·9 min de lecture
Portrait d'une personne tenant deux passeports

La Suisse autorise la double nationalité

Si vous envisagez la naturalisation suisse, c'est probablement la première question qui vous vient à l'esprit : dois-je renoncer à mon passeport actuel ? La réponse est non.

La Suisse autorise la double nationalité sans restrictions depuis 1992. Auparavant, l'acquisition de la nationalité suisse entraînait automatiquement la perte de la nationalité précédente — mais cette règle a été abolie il y a plus de 30 ans. Aujourd'hui, vous pouvez détenir la nationalité suisse en plus de toute autre nationalité, et la Suisse n'impose aucune condition ni limitation à ce sujet.

Cela s'applique à toutes les voies d'accès à la nationalité — naturalisation ordinaire, naturalisation facilitée par mariage et nationalité par filiation. Que vous soyez un ressortissant allemand ayant vécu en Suisse pendant 12 ans ou un Brésilien marié à un citoyen suisse, la Suisse ne vous demandera jamais de renoncer à votre autre nationalité.

Environ 25% des citoyens suisses détiennent une double nationalité. Ce n'est pas une exception. C'est la norme.

Beaucoup de gens retardent le début de la procédure de naturalisation parce qu'ils supposent devoir choisir entre leurs passeports. Si cela vous a freiné, vous pouvez écarter cette inquiétude — du moins du côté suisse. La question est de savoir si votre pays d'origine le permet aussi.

Votre pays d'origine l'autorise-t-il ?

La Suisse dit oui, mais l'autre pays a ses propres règles. Voici la situation pour les nationalités les plus courantes en Suisse.

Allemagne : Oui. Depuis juin 2024, l'Allemagne autorise pleinement la double nationalité pour toutes les naturalisations. Auparavant, les Allemands qui se naturalisaient à l'étranger devaient demander une autorisation de maintien (Beibehaltungsgenehmigung). Cette obligation a disparu. Si vous êtes allemand et vous naturalisez en Suisse, vous conservez automatiquement votre nationalité allemande.

Italie : Oui. L'Italie autorise la double nationalité depuis longtemps. Les ressortissants italiens peuvent devenir suisses sans perdre leur passeport italien.

France : Oui. La France permet la double nationalité sans restrictions.

Portugal : Oui. Les citoyens portugais peuvent détenir plusieurs nationalités.

Espagne : Oui. L'Espagne autorise la double nationalité sans restrictions.

Royaume-Uni : Oui. Le Royaume-Uni autorise la double nationalité, y compris après le Brexit.

Turquie : Oui, mais avec une démarche. La Turquie autorise la double nationalité, mais vous devez informer le consulat turc. Ne pas le faire ne vous coûte pas votre nationalité turque, mais peut créer des complications administratives par la suite.

Kosovo : Oui. Le Kosovo autorise la double nationalité.

Serbie : Oui. La Serbie a amendé sa loi sur la nationalité en 2021 et autorise désormais explicitement la double nationalité dans la plupart des cas.

Autriche : Généralement non. L'Autriche exige que vous renonciez à votre nationalité autrichienne avant ou peu après l'acquisition d'une autre. Il existe des exceptions limitées, mais elles sont rares et nécessitent une approbation préalable. C'est l'une des règles les plus strictes d'Europe.

Si votre pays n'est pas listé ici, renseignez-vous auprès de votre ambassade ou consulat en Suisse. Le point clé : la Suisse ne sera jamais l'obstacle. Toute restriction vient de l'autre côté.

Droits et obligations en tant que double national

Détenir deux passeports a des implications pratiques. Voici ce qui change — et ce qui ne change pas.

Service militaire : La Suisse a un service militaire obligatoire pour les citoyens masculins. Cependant, si vous vous naturalisez après 25 ans, vous êtes généralement exempté du service (bien que vous puissiez encore devoir la taxe d'exemption du service militaire jusqu'à 37 ans). Si vous avez moins de 25 ans à la naturalisation, vous devrez accomplir le service militaire ou civil. Vos obligations envers le service militaire de votre autre pays sont séparées et régies par les lois de ce pays.

Impôts : La Suisse impose sur la base de la résidence, pas de la nationalité. Être double national ne signifie pas être imposé deux fois. Vous payez les impôts suisses si vous vivez en Suisse, quel que soit le nombre de passeports que vous détenez. L'exception majeure est les États-Unis, qui imposent leurs citoyens dans le monde entier — si vous êtes américain, vous continuerez à déclarer vos impôts américains même en tant que citoyen suisse. La plupart des autres pays n'imposent pas les non-résidents.

Droit de vote : Vous pouvez voter dans les deux pays, là où chacun le permet. En tant que citoyen suisse, vous pouvez voter aux élections et votations fédérales, cantonales et communales. De nombreux pays permettent aussi aux citoyens à l'étranger de voter à leurs élections.

Utilisation du passeport : En entrant en Suisse, utilisez votre passeport suisse. En entrant dans votre autre pays, utilisez ce passeport. Pour les pays tiers, utilisez celui qui est le plus pratique (accès sans visa, files plus courtes). Le passeport suisse est l'un des plus puissants au monde pour voyager.

Protection consulaire : Dans votre autre pays de nationalité, la Suisse ne peut généralement pas vous fournir de protection consulaire — l'autre pays vous considère comme son propre citoyen. Dans les pays tiers, vous pouvez demander l'aide de l'ambassade de l'un ou l'autre pays.

Mythes courants sur la double nationalité

Il y a beaucoup de désinformation sur la double nationalité en Suisse. Clarifions les mythes les plus courants.

Mythe : « Il faut choisir une nationalité à 18 ans. » C'est faux pour la Suisse. Certains pays exigent un choix à l'âge adulte, mais pas la Suisse. Une fois citoyen suisse, vous le restez indéfiniment — quel que soit le nombre d'autres nationalités que vous détenez. Il n'y a pas de délai pour « choisir ».

Mythe : « Vous serez imposé deux fois. » Presque jamais. La Suisse impose sur la base du lieu de résidence, et la plupart des pays font de même. Des conventions de double imposition existent entre la Suisse et plus de 100 pays pour éviter exactement cela. La seule exception notable est les États-Unis, qui imposent sur la base de la nationalité. Pour tous les autres, vous payez vos impôts là où vous résidez.

Mythe : « Vous pouvez facilement perdre votre nationalité suisse. » Extrêmement improbable. Depuis 2018, la Suisse ne révoque plus automatiquement la nationalité des doubles nationaux nés à l'étranger qui ne se sont pas annoncés avant 25 ans (l'ancienne règle). Aujourd'hui, les seuls moyens de perdre la nationalité suisse sont : y renoncer volontairement, ou la voir révoquée pour naturalisation frauduleuse. Simplement détenir un autre passeport ou vivre à l'étranger ne met pas votre nationalité suisse en danger.

Mythe : « Vos enfants ne seront pas automatiquement suisses. » Si au moins un parent est suisse au moment de la naissance, l'enfant est suisse — peu importe où il est né et quelles autres nationalités il détient. Cela s'applique que les parents soient mariés ou non (bien que la procédure diffère légèrement pour les pères non mariés).

Mythe : « Les doubles nationaux ne peuvent pas exercer de fonction publique en Suisse. » Il n'existe pas de loi fédérale interdisant aux doubles nationaux d'exercer une fonction publique. Certains cantons avaient de telles restrictions par le passé, mais elles ont été largement supprimées. Des doubles nationaux siègent à tous les niveaux du gouvernement suisse.

Double nationalité et procédure de naturalisation

Si vous êtes en cours de naturalisation suisse — qu'elle soit ordinaire ou facilitée — voici ce que vous devez savoir sur la double nationalité dans ce contexte.

La Suisse ne vous demande à aucun moment de la procédure de renoncer à votre nationalité actuelle. Il n'y a pas de formulaire à remplir, pas de déclaration à faire et pas de preuve de renonciation requise. Les autorités suisses — le SEM, votre canton et votre commune — considèrent simplement votre autre nationalité comme non pertinente pour leur décision.

Votre demande de naturalisation est évaluée selon ses propres critères : durée de résidence, intégration, compétences linguistiques, situation financière, casier judiciaire et vos connaissances de la Suisse. Que vous déteniez un autre passeport ou cinq autres ne fait aucune différence pour l'évaluation suisse.

Si votre pays d'origine exige que vous renonciez avant d'acquérir une nouvelle nationalité, c'est une affaire entre vous et ce pays. La Suisse ne se coordonnera pas avec votre pays d'origine et n'attendra pas que vous régliez votre autre statut de nationalité. Vous recevez la nationalité suisse lorsque le SEM ou votre canton approuve votre demande — ce que vous faites de votre autre nationalité est votre décision.

Un conseil pratique : si votre pays d'origine exige la renonciation, attendez d'avoir officiellement reçu votre nationalité suisse avant de prendre des mesures. Ne renoncez pas à votre nationalité d'origine « à l'avance » sur la base d'une approbation attendue — les demandes de naturalisation peuvent être retardées ou refusées, et vous ne voulez pas vous retrouver apatride.

Prochaines étapes

Si la question de la double nationalité était votre principale préoccupation, vous avez maintenant la clarté. La Suisse l'autorise, et pour la plupart des nationalités, le pays d'origine aussi. Cela signifie que le chemin vers la nationalité suisse est ouvert.

Le vrai travail consiste à remplir les exigences réelles : résidence (10 ans pour la naturalisation ordinaire, ou 5 ans plus 3 ans de mariage pour la naturalisation facilitée), compétences linguistiques (B1 oral, A2 écrit), intégration dans la société suisse et — pour la naturalisation ordinaire — réussir le test de naturalisation.

Le test de naturalisation couvre la politique, l'histoire, la géographie et la vie quotidienne suisses. C'est un examen écrit à choix multiples dans la plupart des cantons, et le seuil de réussite est typiquement d'environ 60%. Même si vous passez par la naturalisation facilitée et n'avez pas de test formel, vous serez évalué sur ces mêmes sujets lors de votre entretien avec le SEM.

Pour commencer à vous préparer, vous pouvez vous entraîner avec de vraies questions de test. La plateforme couvre tous les sujets que vous rencontrerez — de la politique fédérale aux connaissances cantonales. Si vous préférez étudier en déplacement, il y a aussi l'application iOS avec des centaines de questions d'entraînement.

N'attendez pas : Le processus de naturalisation prend en moyenne 1,5 à 3 ans. Chaque mois de retard compte. Commencez dès aujourd'hui à rassembler vos documents et à préparer le test pour éviter des retards inutiles.

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